24.03.2010
Riccione 2010
Les vacances à Riccione
Du dimanche 14/03 au dimanche 21/03/2010
Par Alain Darville
Des cyclos sympas, du vélo dans de splendides paysages, le ciel bleu, du soleil, 18° c à 1000 mètre d'altitude et de la neige autour de nous. Tel était notre quotidien pour notre semaine passée à Riccione. En effet Pietro nous avait emmené, Christophe et moi, faire un petit stage cycliste en Italie, histoire de se remettre un peu en condition après l'hiver un peu laborieux (du point de vue cycliste) que nous avons vécu cette année.
C'est via l'ASBL Riccione bike que nous sommes partis de Liège en car avec nos vélos dans la remorque. Le trajet en car n'est pas la partie la plus agréable du voyage, mais une fois passé ce moment un peu long (18 heures de voyage) tout est parfait. Dans le car, on reconnaît directement les habitués qui ont tous les accessoires nécessaires (coussin, protège cou, etc...) pour essayer de rendre le trajet un peu plus agréable.
Nous arrivons à l'hôtel Dory, qui sera notre pied à terre toute la semaine, le lundi matin vers 9h. Le temps de s'installer, de remonter nos vélos, nous assistons au discours de bienvenue du directeur de l'hôtel, Stefano Giuliodori, qui nous explique, dans un très bon français, tout ce dont nous avons besoin pour comprendre l'organisation du séjour. En effet environ 70 cyclistes de toutes les nationalités (Français, Allemands, Anglais, Hollandais et Belges) sont là. Mais tous ces cyclistes n'ont pas les mêmes ambitions à vélo. Certains sont là pour passer un bon moment, tandis que d'autres veulent améliorer leur condition. C'est pourquoi 4 groupes seront formés, groupes dirigés par des guides professionnels, d'anciens pros.
Le premier groupe s'appelle « Groupe Village et châteaux », le but est de faire des promenades et des découvertes culturelles à allure de +-18 km/h sur +- 65 km.
Le deuxième groupe s'appelle « Groupe Cappuccino ». Ici commence le cyclotourisme à allure de +- 21 km/h sur des distances de +- 90 km.
Le troisième groupe s'appelle « Groupe Cappuccino Super ». C'est du cyclotourisme « plus » à la vitesse de +- 24 km/h sur des distances de +- 90 km.
Et le dernier groupe s'appelle « Groupe Limoncino » qui est le groupe des cyclos sportifs et qui roulent entre 25 et 28 km/h sur des distances entre 100 et 130 km. Les vitesses moyennes ont l'air basse mais c'est de la montagne, il y a toujours quelques cols au menu de la journée.
Pour savoir qui va où, pour permettre à chacun de se situer par rapport aux autres, le lundi après midi, c'est un départ groupé sur une distance de 55 km qui est planifiée. C'est Jamie Burrow qui nous guide. Jamie Burrow est un guide de l'hôtel. Il a roulé avec Lance Amstrong et a gagné la plus dure cyclo sportive en 2009 : « Le Marathon des Dolomites ». (http://www.maratona.it/en/).
L'allure est modérée sur le plat, tout le monde suit sans problème. Mais dès que ça monte, c'est parti. Chacun se positionne, c'est presque la course pour arriver au sommet. Je vois directement qu'il y a quelques très bon cyclos parmi nous. Christophe doit être heureux. Il a enfin trouvé d'autres cyclos qui montent aussi bien que lui et même mieux. Première pensée : « Qu'est-ce que je fais ici ? ». Surtout en sachant dans quel groupe veulent aller Pietro et Christophe : Le groupe Limoncino, bien sur. Au sommet, le peloton est reformé et c'est le retour vers Riccione. A un moment donné c'est la course, à du 50 km/h. Pietro et Christophe montrent leurs derrières aux autres. Je rentre tranquille, la semaine sera longue.
Les parcours du lendemain sont affichés à l'hôtel, et chacun doit s'inscrire en fonction de son désir ou de ses possibilités. Les profils des trajets sont visibles et tout le monde sait ce qui l'attend.
Le mardi, les groupes se forment. Les plus forts devant et les moins forts derrière. Ce qui permet à un cyclo qui aurait présumé de ses forces de prendre le groupe suivant. Enfin c'est la théorie, dans la pratique les parcours ne sont pas toujours les mêmes. Naturellement, nous sommes dans le groupe Limoncino. Nous irons voir Montealtavellio, Montegrimano et Vecciano. En fait nous ne passerons pas loin de San-Marino et la distance prévue est de 85 km. Notre guide sera Richard « Riccardo » Steiner, un ancien pro Suisse qui a roulé avec Eddy Merckx. Il était le responsable de l'équipe nationale Suisse de cyclisme aux jeux olympiques de 2008 et le sera encore aux jeux olympiques 2012 à Londres. Il a 68 ans, c'est un petit bonhomme qui nous réservera quelques surprises. Jamie sera avec nous aussi.
Le tempo du groupe est dicté par Riccardo qui est très souvent en tête du groupe. C'est un rythme régulier mais assez élevé (entre 30 et 35 km/h sur le plat). Les montées sont grimpées aussi sans changement de rythme et tout le monde peut suivre. Directement nous voyons comment roule Jamie, toujours sur le grand plateau. Il se promène quand d'autres (moi) soufflent. Quand un col arrive, Riccardo annonce avec son accent Suisse (mélange d'allemand et d'Italien) : « Sommet 4 km », « Sommet 6 km ». C'est le signal. Les grimpeurs s'envolent. Chacun essaye de trouver son tempo dans la montée. Christophe est parti avec les meilleurs. Au sommet, tout le monde attend et quand le groupe est reformé nous repartons. Riccardo monte à un petit rythme, je ne suis jamais loin de lui. Parfois il papote en italien dans les côtes avec un copain cycliste pendant que je souffle comme une vielle locomotive à vapeur pour essayer de ne pas me faire décrocher. Dès que nous passons 300 mètres d'altitude, la neige est là. Naturellement, elle commence à fondre, il fait trop chaud, mais la semaine précédente il est tombé un mètre de neige dans les montagnes. Les descentes sont assez dangereuses parce que la route est sèche et de temps en temps même en virage, une coulée d'eau traverse la route. Tout le monde est assez prudent et nous suivons toujours notre guide.
A l'arrivée, j'ai 26,1 km/h de moyenne au compteur même en étant un des moins bons dans les montées. Mais le fait de rouler en groupe permet d'élever sensiblement son niveau. Et c'est la réflexion que je me fais. Ici nous partons à 20 ensemble, nous rentrons à 20 ensemble. Tout le monde est content, personne n'a jamais rouspété en attendant les derniers, et la vitesse du groupe est assez élevée. Le tempo du groupe a toujours été régulier et jamais personne n'a attaqué comme un malade même en vue de l'arrivée. Tout ce qu'on n'arrive pas à faire à Bruxelles. A bruxelles, dès qu'une grosse côte arrive, c'est l'explosion du groupe.
Le mercredi c'est la grosse étape : 135 km en passant par Santarcangelo, Barbotto et Verucchio. A peu près les mêmes cyclos que la veille sont là. Les triathlètes de Verviers ont l'air en forme. Juste qu'on a l'impression, à voir leur sac à dos, qu'ils vont faire 300 km. Sacs à dos qui finissent dans la camionnette qui apportera quelques ravitaillements ainsi que de l'eau.
Nous avons fait 7 km et c'est la première crevaison de la journée. Les routes en plaine sont en assez mauvais état. Beaucoup de trous, de crevasses, l'hiver a été rude. En roulant en file indienne, ce n'est pas toujours évident d'éviter les trous. En fait dans ce cas-ci, le vélo est en panne. Le mécanicien de l'hôtel, Drelli, est appelé en renfort et il vient sauvé la situation.
Le premier col est franchi sans trop de problème, mais le suivant est le plus dur de la semaine : Barbotto, montée de 4 km à du 12-14% pour arriver à presque 600 m. Notre guide regardait avec un petit sourire le développement de Pietro : 39x25. Ce ne sera pas de la tarte. Christophe avec son 39x23 a quand même un petit peu souffert. Et je ne suis pas le dernier au sommet. Il en reste 2 derrière moi. Je suis donc content. Au sommet un petit restaurant nous permet de manger un bon plat de pâtes.
Naturellement comme il fait chaud (enfin tout est relatif entre 15 et 18°c, mais avec nos vêtements d'hivers cela fait un peu sauna), la neige fond. Et l'eau doit bien aller quelque part. Ce qui fait que nous nous trouvons à un moment donné, face à un gué où l'eau coule à flot. 10 cm d'eau à traverser avec nos belles machines. Puisqu'il le faut, allons-y. Le plus lentement possible, mais pas trop quand même pour ne pas faire un plongeon.
Ensuite, le retour se fait assez rapidement avec quelques nouvelles crevaisons : 6. D'après Riccardo, les 7 crevaisons de la journée sont un nouveau record. Mais je me dis que vu l'état des routes il aura d'autres surprises avec les groupes des semaines suivantes.
Le jeudi, nous continuons sur notre lancée en passant par Verucchio et en allant jusque San Leo avec sa forteresse (http://fr.wikipedia.org/wiki/San_Leo). C'est une boucle de 100 km, mais ici nous allons monter à 1000 mètres d'altitude. San Leo est superbe et nous nous y arrêtons, le temps de boire un cappuccino. En parlant de cappuccino, le groupe Cappuccio Super n'est pas loin. Le but de la journée est qu'aucun de ses membres ne me dépasse dans le col avant les 1000 mètres. Et c'est gagné. Le sommet est atteint, personne n'est revenu.
La descente se fait très rapidement. Riccardo commence à se déchaîner. Je sprint souvent à plus de 50 km/h pour ne pas me faire décrocher. Christophe veut même faire un relais, façon Aurore-Cyclo, en dépassant tout le monde à une vitesse beaucoup trop élevée et en se mettant 50 mètres devant le groupe. Ce n'est pas très efficace mais puisque c'est comme ça.
Le vendredi, c'est direction Urbino. Aussi 100 km. Le profil à l'air assez difficile. Beaucoup de petit col et une longue montée pour aller jusque Urbino. Et enfin c'est une montée qui n'est pas entre 8 et 12% comme presque toutes les autres. Elle peut se faire en force et qui dit force dit Pietro. 6ème au sommet. Mais c'est vraiment une longue montée. Cette fois-ci je suis le dernier, j'espère juste que les autres ne m'attendent pas depuis une heure. Urbino est toujours aussi superbe, avec ses petites rues et ses pentes raides. Le tout fait à vélo, c'est assez impressionnant.
Le retour se fait encore par un beau petit col assez pentu dans lequel Riccardo montre enfin ce qu'il sait faire dans les montées. Loin devant les autres. 68 ans, ça laisse rêveur...
En quatre jours, le lundi ne compte pas, c'était un échauffement, nous avons fait 420 km, fait un dénivelé total de 5900 mètres, le tout à une moyenne de 26 km/h (pour moi). Ce n'est finalement pas si mal que ça pour des cyclos avec un entraînement pas trop réussi cet hiver. Rouler en groupe, surtout avec des cyclos supérieurs dans les montées, est assez stimulant, mais très éprouvant. Les jambes étaient lourdes. La semaines était finalement beaucoup courte. Je serais bien resté quelques jours de plus.
Comme il n'y a pas que le vélo, nous sommes aussi aller en car à San Marino. San Marino sous la neige était superbe avec des paysages à couper le souffle. Un autre jour, nous avons été à Santarcangelo pour visiter les grottes, en fait des caves creusées dans la colline pour conserver les aliments. C'est du tuf (sable issu de roches calcaires) qui a été creusé au fil des siècles. Ensuite nous avons été a une dégustation de produits locaux : Huile d'olives, miel, fromage, vins, confitures, etc.... Pietro a pu montrer ses talents de traducteur. Notre producteur local était tout content d'avoir un tel invité.
Le samedi nous sommes aller en train à Pesaro montrer à Christophe les lieux de nos exploits de l'année passée. Les trains italiens sont assez décoiffant (pour ceux qui ont des cheveux). Pas pour rouler dedans, mais pour les voir passer sur le quai. Les express filent à prêt de 200 km/h. Lorsque les quais sont tout petits et qu'on se trouve à moins d'un mètre cinquante du train, c'est assez impression. Si on est encore sur le quai après avoir résisté au souffle du train, on reste sans voix.
Finalement, nous avons passé un superbe séjour. Il faut ici remercier Jean et Michel qui ont organisé ce voyage. En plus Michel se décarcassait pour mettre un peu d'animation dans le car. Nos chauffeurs de car qui ont été sans faille. Tout le personnel de l'hôtel toujours souriant et aimable. Un hôtel où nous avons très bien mangé du premier au dernier jour. Nos guides, toujours là, et qui ont réussi à conduire le groupe sans problème pendant quatre jours.
C'est certain, nous reviendrons et cette fois-ci en plus grand nombre. Surtout que les crèmes glacées Italiennes sont toujours aussi bonnes.
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Les profils réels (roulés) des étapes:
Etape 1 Mardi 16/03: Riccione - Montescudo - Vecciano - Reccione 81 km - 1200 m dénivelé
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Etape 2 Mercredi 17/03: Riccione - Santarcangelo - Barbotto - Verrucchio - Reccione 132 km - 1800 m dénivelé
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Etape 3 Jeudi 18/03: Riccione - Verucchio - San Leo - Reccione 100 km - 1500 m dénivelé
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Etape 4 Vendredi 19/03: Riccione - Urbino - Reccione 97 km - 1400 m dénivelé
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Les liens utilies :
Les site de l'organisation :
http://www.riccionebikeasbl.com/
Le site de l'hôtel Dory :
http://www.hoteldory.it/
Des images des différents groupes :
http://www.youtube.com/hoteldory
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Christophe devant l'hôtel en attendant le départ.
Alain, Christophe et Pietro.

Pietro à la fin du col de Montealtavellio.
Alain (un peu) après.
Christophe, Pietro et tout le groupe au repos.
Le groupe dans un col entouré de neige.
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Notre guide Riccardo (en rouge et noir) en discussion (en allemand).
Pietro et Alain.


Christophe et son beau vélo.


Notre mécanicien ravitailleur lors de la grande étape.
Jamie, le guide grimpeur-fusée sur grand plateau.
Riccardo en discussion.



Le col de Barbotto (pente entre 12 et 14%) où un petit restaurant nous permet de reprendre des forces.
Alain dans le petit restaurant.
Pietro.
Christophe.
Le guide Jamie.
Juste avant le départ après le petit dîner.
Pietro.
Christophe règle sa selle sous les conseils avisés d'autres cyclos.
Le triathlonien Verviétois avec Pietro.
La sixième crevaison de la journée. Il en reste encore une.
La réparation prend un peu de temps.
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L'hôtel Dory le soir.
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La forteresse de San Leo.
La montée vers San Leo.
Christophe et Alain à San Leo.
Les nouveaux portes vélos.
Riccardo à San Leo.


Pietro à la fin du col le plus haut de la semaine.
Alain aussi finit ce col.
Le col à plus de 1000 mètres.

Christophe en attendant la réparation du boyau.
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Pause à Urbino.

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Les vélos à l'hôtel.
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Quelques photos de San Marino sous la neige.
Pietro et Christophe.
Les mêmes entre deux batailles de boules de neiges.
En parlant de boule, Christophe à la sienne.
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Les glaces Italiennes à Santarcangelo.
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Notre train pour aller à Pesaro. Celui-ci était calme, il s'est même arrêté pour que nous puissions monter dedans.
Christophe dans le train.
Pesaro et le Théâtre Rossini.
Christophe et Alain.
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La plage de Riccione et la Mer Adriatique.
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C'est la fin des vacances, Ciao a tutti.
